Fatigué...

Fatigué...
Alors, que dire pour cette nuit ? Mmm...pas grand chose à part une certaine fatigue ! Ben oui, au risque d'en étonner certains, travailler la nuit, ça fatigue pas mal.

Même si le boulot n'est pas forcément intense tous les jours (quoique maintenant que j'écris le récit de mes nuits de travail je me rends compte que je bosse quand même un petit peu !!!), rien que le fait de vivre à l'inverse des autres détraque un peu la qualité du sommeil...résultat, ce soir je suis crevé !!!

Enfin bon, je n'écris pas ce blog pour donner mes états d'âme...

A part ça, quand j'ai pris mon service ce soir,c'était un peu l'effervescence à cause d'une entrée qui venait d'arriver. Je ne sais pas pourquoi ça perturbe autant certains collègues... perso, je ne dis pas que ça ne me fait ni chaud ni froid, mais bon, ça fait partie du boulot, alors pas la peine de stresser...surtout qu'on y arrive toujours !

Bref, en plus c'était une dame âgée qui arrivait pour délire de persécussion. Pas de quoi en faire un plat. Là, elle est paisiblement en train de dormir.

Sinon, j'ai eu l'agréable surprise de constater que pas mal de sorties avaient été effectuées pendans mes jours de repos, ce qui signifie qu'il y a pas mal de nouveaux patients.

J'aime bien cette rotation,ça permet de voir un peu toutes les pathos.

En ce moment, le cas qui me semble le plus intéressant est isolé. C'est une nana qui fait une psychose puerpérale. Je ne sais pas pourquoi, mais on n'en a pas si souvent.

Ce soir, elle est complètement délirante et persécutée. Alors je lui ai donnée son traitement si besoin, mais sans grand effet. En plus, ce n'est pas la peine d'essayer de discuter avec elle. J'ai essayé tout à l'heure, mais ça ne fait qu'alimenter son délire. Donc silence radio !

A part ça, pas grand chose de neuf... La petite jeune ne vas toujours pas bien, mais ça c'est un thème récurrent. Comme il y avait un interne qui était là pour s'occuper de l'entrée, elle n'a rien trouvé de mieux à faire que de se brûler les bras avec sa cigarette... Il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent... Elle nous fait le coup à chaque fois ! Ce soir, on a pris le parti de l'ignorer. Comme d'hab, elle n'était pas contente, et comme d'hab elle est partie se coucher... Je crois que je vais quand même plannifier un petit pansement pour tout à l'heure parce que sinon ça va s'infecter...

02h30, comme tous les jours à la même heure ( ou presque ! ) je vais aller faire mon tour de garde... Ils ne savent pas leur chance d'être dans un lit ( non je plaisante ! ).

# Posté le vendredi 16 mars 2007 21:42

Modifié le samedi 17 mars 2007 07:43

Dur,dur...

Dur,dur...
03h00 du mat, et je peux enfin me poser...J'ai cru que ce ne serait pas possible pour cette nuit !

Si je devais trouver un mot pour définir cette nuit, ce serait violence.

J'étais à peine en service, que le téléphone sonnait...ce n'est jamais bon signe ! Habituellement, quand ça sonne à cette heure là, c'est pour aller remplacer une collègue en arrêt maladie dans un autre service.

Mais pas là. Au bout du fil,ma chef qui me demande d'aller vite fait dans un service ou se trouve un patient agité.

Ni une,ni deux, j'enfile ma blouse,et j'y vais.

Arrivé sur place, je vois que les mecs de la sécurité sont déjà là...c'est le signe que ça va chauffer ! J'arrive dans le bureau infirmier, et je trouve le comité d'accueil : la collègue infirmière, l'aide soignant qui bosse avec, et les deux mecs de la sécu.

Ils me disent qu'il va falloir s'occuper d'un patient schyzo en état d'agitation extrême à la suite d'une frustration... Il aura juste suffit que l'infirmière lui demande d'attendre deux minutes pour avoir sa cigarette, et boum, c'est le clash. Il ne supporte pas la frustration.

Effectivement,j'entends les portes claquer et des coups dans les fenêtres...ça va être chaud.

On arrive dans la salle ou le patient se trouve, et là je vois un solide gaillard, manifestement pas content du tout ! Dans ces cas là, il n'y a pas 36 solutions, il faut le calmer et qu'il prenne son traitement. Sauf que là, il ne veut pas.

On a donc du lui sauter littéralement dessus quand on l'a vu arriver sur nous en hurlant et les deux poings en avant.

ça ne s'est pas super bien passé, parce que le fait d'avoir quatre mecs en face de lui ne l'impressionnait pas du tout !

On l'a maitrisé comme on pouvait, et ce n'est pas simple dans ces conditions là !

En plus, on a du faire encore plus gaffe, parce qu'il s'est ouvert l'arcade quand on l'a plaqué au sol...du coup ça saignait pas mal.

La collègue infirmière lui a fait son injection illico presto, mais sans effet immédiat...malheureusement ! Dans la foulée, elle a appelé l'interne de garde qui a mis plus d'un quart d'heure avant d'arriver ! Et dans ces cas là, les minutes comptent double...

Comme c'est une interne qui n'a pas l'habitude d'avoir affaire à ce type de patients agités, elle a eu le tort d'essayer de dialoguer avec lui et d'établir un rapport de confiance.

L'aide soignant du service a eu beau lui expliquer qu'il connaissait parfaitement son patient et qu'aucune confiance n'était possible, rien n'y a fait. L'interne a maintenu sa position.

Après la prise d'un nouveau traitement, oral cette fois, elle nous a demandé de raccompagner le patient dans sa chambre. Nous, on savait que ça allait mal se passer...

Déjà, il a fallu lui faire monter un étage par les escaliers...pas si simple parce qu'on le tenait chacun de notre coté.

Son visage et son attitude n'était plus du tout les mêmes que lorsqu'il se trouvait en face du médecin...

On est arrivé dans la chambre, et on l'a installé assis au bord de son lit.

Inévitablement, la première chose qu'il a faite, c'est de bondir vers nous en hurlant qu'il allait nous tuer et qu'il n'avait pas peur !

On a du lui re-sauter dessus, sauf que comme il se montrait encore plus violent que la première fois, on a du faire ça de façon encore plus autoritaire... Je sais que ça peut choquer, mais c'était notre sécurité qui était en jeu.

L'interne est arrivée en courrant parce qu'elle avait tout entendu depuis le bureau au rez de chaussée.

Quand elle a vu la scène, elle s'est enfin décidée à le transfèrer dans un autre service, en chambre d'isolement.

Si elle s'était décidée plus tôt, on aurait pu éviter le deuxième épisode de violence.

Le transfert s'est déroulé sans trop d'encombre, parce qu'on maitrisait bien le patient.

Arrivé dans la chambre d'iso, les traitements ont commencé leur effet, et il s'est calmé presque aussitôt !

C'est ce qu'on appelle un début de nuit plutôt sportif !

De retour dans mon service, tout paraissait bien calme à coté de ce que je venais de voir...

# Posté le mardi 13 mars 2007 22:23

Modifié le vendredi 16 mars 2007 15:58

Sur les chapeaux de roues...

Sur les chapeaux de roues...
De retour de week end ce soir... dans ces cas là, on espère toujours recommencer en douceur. C'est raté pour cette nuit !

Même pas rentré dans le service, j'aperçois l'effervescence dans le bureau infirmier : les collègues de jour, l'interne de garde, une dame assise en face avec un mec à ses cotés... ça sent l'entrée !

Bingo ! A peine arrivé, un collègue m'oriente dans la salle de soins pour faire les transmissions. Logique,étant donné que le bureau est occupé.

Pas de gros soucis à signaler. J'apprends juste que la petite jeune a fait une pseudo tentative de suicide ce week end, et que du coup, elle s'est retrouvée isolée jusqu'à ce soir. Sauf que là, comme il y a une entrée qui doit aussi être isolée, l'interne vient de lever l'iso.

ça ne m'étonne même pas. C'est toujours comme ça avec elle de toute façon !

Enfin bon, le fait est que j'ai une entrée sur le feu et qu'il va falloir gérer tout ça le plus rapidement possible, parce que tous les patients attendent leur traitement de nuit.
Ce n'est vraiment pas la bonne heure pour une admission. Quand on arrive, c'est toujours le branle bas de combat ! Mais c'est le genre de chose qu'on ne choisit pas !

Là, il s'agit d'une dame d'une soixantaine d'années qui n'a pas vraiment l'air facile. Elle est accompagnée par son fils, qui n'a pas l'air facile non plus !
Pas de doute, elle a bien sa place chez nous... elle délire à plein tube : persécussion, mystique, tout y passe. Le discours est difficilement compréhensible car diffus.
Elle est encore bien tonique malgré le traitement administré aux urgences.

Dire que si on me donnait la même chose, je dormirais au moins pendant deux jours !

Mais là,non... c'est la capacité de résistance des grands délirants.
Bien entendu, elle refuse l'hospitalisation. On s'en doutait vu qu'elle est en HDT.
C'est son fils qui a fait le tiers, pourtant il n'a pas l'air des plus convaincus non plus.

L'entretien médical se passe sans trop d'encombres, jusqu'au moment fatidique : l'annonce de la mise en isolement.

Il a fallu négocier au moins une demi heure pour que la dame accepte de pénétrer dans la chambre...accompagnée de son fils !

J'ai horreur de ça. Dans ces cas là, la famille est toujours plus un problème qu'une aide.

En plus, là, il critique tout : chambre trop petite, trop sparciate, trop froide... rien ne va !
ça ne facilite pas les choses au niveau de sa mère qui s'empresse de sauter sur ces arguments pour refuser davantage la mise en isolement.

Un quart d'heure plus tard, on réussit enfin à se débarrasser du fils ! Il aura fallu faire preuve d'autorité en plus de l'intervention du médecin pour qu'il daigne partir. Ouf, on peut enfin travailler sereinement !

Le traitement aidant, la patiente s'endort pratiquement debout... beaucoup plus facile pour nous !

On l'installe enfin... j'espère que sa nuit va se passer calmement...

Deuxième étape, je règle les problèmes administratifs, car bien entendu, comme dans 90% des cas, l'HDT n'est pas conforme !

Alors comme à chaque fois, il faut rappeler les médecins pour qu'ils remettent tout ça en conformité. C'est fou le temps qu'on perd à cause des autres !

A peine tout ça terminé, je reprends mon boulot quotidien avec la distribution des traitements de nuit. Certains patients me font bien comprendre que je suis à la bourre... Ce n'est même pas la peine de tenter de leur expliquer qu'on a eu une entrée et que c'est pour ça, ils s'en foutent ! La nature humaine est remplie d'égoïsme...encore plus quand elle est malade.

La petite jeune vient me voir. Pas un mot sur ce qu'elle a fait ce week end, mais bien entendu, elle ne se sent pas bien. Normal, elle me fait le coup à chaque fois qu'elle voit un interne dans le service !

Tout y passe : angoisse, idées noires...et même constipation !

Je ne cède pas et vérifie la bonne prise du traitement, ce qui ne lui plait pas, comme d'habitude !

23h00, tout le monde est au lit...ouf ! un peu de calme, ça fait du bien. Sauf que mon collègue me rappelle à mon devoir en me montrant la corvée du soir : la commande de pharmacie !

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais dès que je déteste quelque chose, j'ai l'impression que ça revient encore plus rapidement... et c'est encore le cas ce soir !

C'est plus un boulot de secrétaire ou encore de magasinier, mais certainement pas d'infirmier ! Alors comme d'habitude, je peste, mais comme d'habitude, je le fais quand même...pas le choix de toute façon !

Entre temps, on a eu la visite de notre chef de service qui passait voir si tout allait bien.

Voilà, cette fois il est 02H20, et tout est bouclé. Sans prétention, je peux dire qu'on a bien bossé !

Allez, je vais voir si les iso dorment...
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# Posté le lundi 12 mars 2007 21:26

Modifié le vendredi 16 mars 2007 14:09

En week end...ça fait du bien !!!

En week end...ça fait du bien !!!

# Posté le samedi 10 mars 2007 20:36

Modifié le vendredi 16 mars 2007 13:08

Le patient isolé...

Dans certaines circonstances, l'isolement du patient peut s'avèrer nécessaire, surtout en cas d'agressivité ou de dispersion importante.
Le patient isolé...

# Posté le jeudi 08 mars 2007 19:46